Mardi 27 avril, 37e jour

par | 27 avril 2021 | Rose, Balai et Prose

Pas facile toujours de partir sans idée préconçue, il y a parfois comme une envie d’écrire l’histoire avant l’histoire. Et pourtant à chaque instant peut se présenter l’inattendu. Alors…

Mais d’abord à l’habitude dompter le sac ; tant qu’il ne sera pas un minimum lesté, il jouera avec le vent. Je ne sais pas qui de moi ou de lui tourbillonne le plus, et il fait tout pour refuser ce que je lui propose. Pas longtemps, bientôt le poids est suffisant, le voilà calmé.

Ça souffle bien cet après-midi, alors, comme tous les ans à cette période, il neige en rose sur le quartier, et c’est magnifique de marcher caressé par les pétales des cerisiers du Japon.

Une équipe de cinéma se prépare à tourner un film dans une maison verte ; je leur demande, on ne sait jamais, s’il ne leur manque pas un comédien de mon âge ?

– Malheureusement non.

– Alors je continue ma balade. Bon travail.

Chaque nom de rue ou presque m’apprend un nouveau mot en néerlandais, que j’oublie presque aussitôt.

Mégot, mégot, capri-sun, carton, mégot, masque bien replié enroulé presque invisible, mégot, bouchon, mégot, masque bien replié… Là-haut dans l’arbre, un merle chante ce que seul un merle peut chanter, réinventant à chaque instant une nouvelle mélodie. D’autres mélodies me parviennent au passage des autos, rap, classique, chanson… Pas de paroles ; je ne sais pas quelle heure il est (et peu m’importe), je sais seulement que ce n’est pas l’heure des informations.

Combien de temps met un collier de palette pour entrer dans un sac poubelle aux trois quarts plein ? Autant que le fût du canon pour se refroidir quand le coup est tiré.

J’ai fait une boucle aujourd’hui, de chez moi à chez moi ; j’abandonne mon sac au coin de ma rue ; il me reste vingt mètres à faire. 

Articles similaires

Vendredi 20 janvier, 145e jour

Vendredi 20 janvier, 145e jour

« Et j’irai loin, bien loin » chantait Rimbaud (Sensation); plus tard, André Dhôtel, de la même région célébrait le plus près du près, s’enchantant...

Dimanche 8 janvier, 144e jour

Dimanche 8 janvier, 144e jour

Tandis qu’à l’autre bout de la commune un morceau de sucre reçoit une goutte de poésie, les liserons ont été pourchassés comme il se doit au Chant des...

Dimanche 1er janvier, 143e jour.

Dimanche 1er janvier, 143e jour.

Minuit sous les arbres dansants dans la forêt. Une courte nuit. Et un besoin tôt de voir le monde. Et Le monde change, oui. Et si on ne lit pas les journaux,...

Vendredi 20 janvier, 145e jour

Vendredi 20 janvier, 145e jour

« Et j’irai loin, bien loin » chantait Rimbaud (Sensation); plus tard, André Dhôtel, de la même région célébrait le plus près du près, s’enchantant...

Dimanche 8 janvier, 144e jour

Dimanche 8 janvier, 144e jour

Tandis qu’à l’autre bout de la commune un morceau de sucre reçoit une goutte de poésie, les liserons ont été pourchassés comme il se doit au Chant des...

Dimanche 1er janvier, 143e jour.

Dimanche 1er janvier, 143e jour.

Minuit sous les arbres dansants dans la forêt. Une courte nuit. Et un besoin tôt de voir le monde. Et Le monde change, oui. Et si on ne lit pas les journaux,...

Lundi 26 décembre, 142e jour

Lundi 26 décembre, 142e jour

« Ça ressemble à une répétition, mais ce n’en est pas une » m’a dit mon maître ce midi. C’est vrai à chaque instant. Et je m’en vais avec ça dans le...

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

S'inscrire en tant qu'Ambassadrice/eur Propreté de Watermael-Boitsfort

Signaler un ou plusieurs dépôts